Pourquoi prendre du temps pour soi semble si difficile ?

Dans un monde où l’efficacité est souvent valorisée au détriment du bien-être personnel, s’accorder du temps pour s’adonner à la création peut sembler être un luxe, voire un acte égoïste. Pourtant, nous dépensons déjà des heures à des activités qui ne nourrissent ni notre esprit ni notre cœur… S’attarder sur des discussions superficielles, rester bloqués dans des routines automatiques, parmi lesquelles scroller sans fin sur les réseaux sociaux occupe parfois le haut de la liste. Alors pourquoi est-il si difficile de revendiquer même quelques minutes pour soi ?

Ce dilemme tient souvent à un conditionnement profond : l’idée que la productivité passe avant le plaisir, que la créativité est futile si elle n’a pas un but concret. Pourtant, ces petits moments pour soi sont tout sauf anodins. Ils nous recentrent, apportent clarté et équilibre, et, paradoxalement, nous rendent plus efficaces et présents dans nos vies quotidiennes.

Cet article s’adresse à toutes celles et ceux qui ont l’ambition de cultiver leur créativité, mais se retrouvent ensevelis sous des to-do lists interminables. Si vous ressentez cette frustration de vouloir créer sans jamais trouver le bon moment, vous êtes au bon endroit.

1. Identifier le saboteur intérieur : les excuses courantes

“Je dois d’abord m’occuper des tâches ménagères”, “Je suis trop fatiguée…” Ces phrases deviennent des mantras intérieurs qui masquent souvent des peurs plus profondes : celle de ne pas être à la hauteur, de décevoir, voire de ne pas savoir quoi faire si l’on s’accorde ce temps.

Avant, je pouvais me dire : “je passerai du temps à coudre, dessiner, peindre ce soir après le dîner.” Mais depuis l’arrivée de notre enfant, mon rythme a beaucoup changé et mes réserves d’énergie aussi. Je me dis toujours que je réserverai ce temps à la créativité après la journée de travail et son lot de responsabilités, mais dans les faits, je me trouve alors trop fatiguée pour avoir encore envie d’entreprendre pour le plaisir. C’est là que réside le risque de m’enfermer dans une bulle et de perdre la notion du temps en scrollant des contenus de plus en plus inintéressants (car il y en a pléthore, et trouver un contenu intéressant demande un petit effort de notre part).

Pour sortir de cette impasse et de cette tromperie (“je ferai cela ce soir quand tout sera tranquille à la maison”), j’ai réalisé qu’il fallait adopter une stratégie inverse : me donner le temps de créer avant tout le reste. Comme le recommandent les conseillers en gestion financière : il faut se “payer en premier” (comprendre : allouer une somme à l’épargne ou l’investissement) avant de régler les charges (loyer, électricité…) et enfin s’offrir de menus plaisirs avec ce qui reste.

C’est une parfaite métaphore pour la gestion de notre énergie créative. Donc, j’ai commencé à me rendre quelques minutes à l’atelier avant de commencer à travailler, voire à amener mon carnet de croquis à la table du petit déjeuner pour dessiner des bribes de mes rêves de la nuit. Cela change toute la donne car, quoi qu’il arrive dans la journée, j’ai déjà le bénéfice d’avoir branché mon cerveau sur la créativité.

Par où commencer : Notez vos excuses dans un carnet, identifiez vos saboteurs. Puis posez-vous la question : “Est-ce une vérité ou une perception ?” Souvent, un simple changement de perspective suffit pour réclamer ce temps. Prenez conscience que ces pensées limitantes sont souvent des automatismes plus que des réalités. Cherchez concrètement à quel moment et de quelle manière vous pouvez vous accorder ces quelques minutes essentielles.

Et vous, quelle est la petite voix intérieure qui vous freine ? Identifiez-la pour mieux la déjouer.

2. L’effet domino : 20 minutes de créativité pour transformer votre journée

Des études en neurosciences ont démontré que seulement 20 minutes d’activité créative suffisent à réduire le stress, améliorer l’humeur et stimuler les fonctions cognitives. Ce n’est donc pas la durée qui compte, mais la qualité de la présence à soi.

Par exemple, selon une étude publiée dans Art Therapy: Journal of the American Art Therapy Association (2016), consacrer 20 minutes à une activité artistique peut significativement réduire les niveaux de cortisol, l’hormone du stress.

L’effet domino fonctionne aussi avec de courtes sessions. Le simple fait de changer d’activité, de stimuler différentes zones du cerveau, peut débloquer des idées et réduire la tension mentale. La répétition régulière des pauses créatives permet alors une amélioration palpable de notre sensation d’être en éveil grâce à la créativité.

Stratégie : Choisissez un médium qui vous convient et accordez-vous des pauses créatives, même brèves. Dessinez, griffonnez, écrivez une phrase, esquissez un pas de danse ou jouez d’un instrument pendant 20 minutes. Ce petit geste peut transformer toute votre journée.

Et vous ? Quelles sont ces petites activités qui, en quelques minutes, vous reconnectent à vous-même ? Prenez un instant pour y réfléchir : cela pourrait bien être le premier pas vers un nouveau rituel, même au cœur d’un emploi du temps surchargé.

3. Trouver son rythme : le bon moment pour créer

Si l’effet domino montre l’impact de la création sur votre bien-être, encore faut-il savoir quand créer pour en tirer pleinement profit. Chacun a son propre rythme créatif, mais aussi des moments clés où l’inspiration surgit plus naturellement.

Certains préfèrent l’aube, d’autres la soirée. Une belle journée ensoleillée peut nous appeler à une balade au parc ou en forêt, et si l’on ne s’accorde pas ce temps, on risque de sombrer dans une pénible procrastination. Nous ne ferons alors ni l’un ni l’autre et accumulerons une bonne dose de frustration accompagnée de discours négatifs dans notre tête : “Tu es nulle, pas capable de travailler, pas capable de créer… Ce n’est pourtant pas difficile…” Identifier ces moments-clés, qu’ils soient routiniers ou fruits de l’inspiration du moment, est essentiel.

Un matin, j’étais bloquée sur un travail intellectuel, incapable d’écrire une seule phrase. Je procrastinais devant le curseur immobile de mon traitement de texte. Après un temps, j’ai réalisé l’étendue de ma frustration et de mon anxiété, et quitte à procrastiner, j’ai décidé de procrastiner “en grand”. Cela voulait dire m’accorder un moment d‘“école buissonnière”. J’ai changé de cadre et rejoint un cours de couture : trois heures à manipuler des tissus, à imaginer, créer, travailler de mes mains. En rentrant, j’ai rédigé des pages entières avec une facilité surprenante. Ce détour créatif avait libéré mon esprit.

Cette anecdote illustre l’importance de respecter son rythme et de savoir quand il est préférable de lâcher prise pour laisser la créativité revenir naturellement. Même les emplois du temps les plus chargés cachent des interstices de liberté qu’il suffit d’oser exploiter.

Stratégie : Observez vos niveaux d’énergie pendant la journée. Testez différents moments de la journée pour identifier quand vous êtes le plus réceptif. Puis, protégez ce temps comme un rendez-vous sacré avec vous-même.

4. La magie des petits pas : la régularité avant tout

Pas besoin de longues sessions. Cinq minutes par jour valent mieux que deux heures une fois tous les 36 du mois. L’important est de maintenir le lien avec votre créativité.

Lors de mes différentes reconquêtes créatives (et oui, on se perd souvent plus d’une fois), j’ai toujours commencé par de toutes petites choses répétitives. Par exemple, des “doodles” au feutre sur des papiers photo A6, au petit déjeuner. J’ai fini par avoir une belle série. La fois suivante, n’ayant pas le temps de sortir des peintures, je me suis mise à faire des collages : je choisissais couleurs, textures et motifs dans des magazines, que j’assemblais en compositions abstraites. Cela ne me prenait que quelques minutes, mais l’effet sur mon humeur et ma façon d’aborder mes journées était spectaculaire. Je parvenais à prendre la vie comme elle venait, avec un réservoir d’énergie positive en moi toujours renouvelé. Par effet ricochet, les événements de mes journées devenaient eux aussi de plus en plus positifs.

Stratégie : Créez un rituel simple. Même un dessin rapide, un haïku, ou une photo prise avec intention peuvent entretenir la flamme créative. Ce n’est pas la quantité qui compte, mais la constance.

Pour renforcer cette pratique, associez-la à un geste quotidien déjà ancré dans votre routine (par exemple, après votre café du matin ou avant de dormir). Cela facilite l’intégration de ce rituel dans votre emploi du temps. Ce type de rituel est au cœur des pratiques que j’explore dans Jardin Secret.

S’accorder du temps pour mieux rayonner

Prendre du temps pour soi n’est pas un luxe, c’est une nécessité. En nourrissant votre créativité, vous nourrissez également votre capacité à donner, à créer des liens authentiques, et à vivre pleinement.

Ce qu’il faut retenir :

  • Identifiez vos saboteurs intérieurs : remettez en question vos excuses récurrentes. Sont-elles des vérités ou de simples perceptions ?
  • L’effet domino de la créativité : 20 minutes suffisent à transformer votre journée, réduire le stress et stimuler votre esprit.
  • Respectez votre rythme : écoutez votre énergie et trouvez le moment où votre créativité s’épanouit le mieux.
  • La magie des petits pas : la régularité compte plus que la durée. Cinq minutes par jour peuvent changer votre rapport à la création.

Et si vous faisiez le premier pas aujourd’hui ?

Rejoignez Jardin Secret pour découvrir comment ces micro-moments peuvent devenir des rituels créatifs essentiels à votre équilibre. Ce programme vous guide pas à pas pour transformer vos envies créatives en habitudes concrètes et épanouissantes. Il vous aide à libérer du temps, à surmonter les blocages mentaux et à intégrer la créativité dans votre quotidien, même au milieu des journées les plus chargées.

Et si vous êtes prêt·e à passer à l’action, rejoignez Jardin Secret dès aujourd’hui pour enclencher ce changement durable. Votre créativité mérite plus qu’un simple élan spontané : elle mérite un espace dédié pour s’épanouir jour après jour.

Notes bibliographiques

Kaimal, G., Ray, K. and Muniz, J. (2016) ‘Reduction of Cortisol Levels and Participants’ Responses Following Art Making’, Art Therapy, 33(2), pp. 74–80. doi: 10.1080/07421656.2016.1166832.

Drexel University. (2016, June 15). At any skill level, making art reduces stress hormones. ScienceDaily. Retrieved February 3, 2025 from www.sciencedaily.com/releases/2016/06/160615134946.htm